C’est l’heure de tuer l’appli

La mise en ligne de l’App Store en juillet 2008 par Appleà lancé la ruée vers les applications mobiles. Tout le monde et n’importe qui s’est alors précipité pour développer une application pour la toute nouvelle plate-forme iOS.

Des apps ont été développées pour des produits, des services, des jeux ou de simples gadgets, comme l’app Sabre laser qui émettait des « WHAAP, BWOM, WHOP » lorsque vous faisiez tournoyer votre téléphone dans les airs...

C’était compréhensible, et même nécessaire. Comme pour toute nouvelle plate-forme et tout nouveau support, il faut du temps aux programmeurs et aux créateurs pour comprendre son utilité, pour découvrir ce qui fonctionne, ou pas.

Après 9 années (!) d’un monde qui s’est progressivement saturé de téléphones intelligents, de tablettes et autres appareils mobiles, où en est l’app telle qu’on la connaît ? Est-elle toujours aussi pertinente et importante qu’à l’époque?

Personne ne veut télécharger votre app

Le marché de l’application mobile étant totalement saturé, les taux de rétention des apps n’ont jamais été aussi faibles.

Source : Quettra

Vous voyez ce diagramme? Ce sont des chiffres édifiants.

L’app moyenne perd :

  • 77 % de ses utilisateurs dans les trois premiers jours
  • 90 % dans les 30 jours
  • 95 % dans les 90 jours
  • 1 personne sur 4 n’ouvre une app qu’une seule fois

Les utilisateurs téléchargent et essayent de nouvelles apps régulièrement, et personne ne veut avoir des centaines d’applications sur son téléphone, par conséquent seules celles qui laissent une excellente première impression ont une chance de rester.

Et si vous pensez que cela ne concerne que les millions d’apps bas de gamme qui inondent le marché ces jours-ci, observez simplement les performances des meilleures applications dans le monde.

Taux de rétention des meilleures apps

Les applications les plus populaires dans le monde, comme Facebook, Whatsapp et Instagram, n’ont un taux de rétention que d’environ 55 % après 90 jours.

Pas terrible. Pourquoi tant d’applications mobiles échouent-elles aussi lamentablement?

Il existe de nombreuses raisons, notamment :

  • L’application n’excelle pas à la tâche qui lui a été confiée
  • Trop de fonctionnalités entraînent de la confusion
  • Processus d’intégration/configuration mal conçus
  • Faiblesse du contenu
  • Notifications ennuyeuses
  • Bogues et plantages fréquents
  • Lenteur de chargement
  • Trop de demandes pour noter l’application
  • Authentification/Connexion distinctes
  • Publicités intrusives
  • Trop de permissions requises et méfiance en matière de confidentialité
  • Mauvaise interface-utilisateur
  • Mises à jour peu fréquentes et ignorant les problèmes des utilisateurs

Si votre application ne présente qu’un seul de ces problèmes, elle mourra rapidement.

Tout devient contextuel

Vous avez probablement entendu beaucoup parler dernièrement des agents conversationnels et de l’intelligence artificielle.

Même si les rapports indiquant que ces technologies pourraient remplacer l’homme ont été très exagérés, cela ne signifie pas que l’utilisation des applications classiques ne va pas être fortement réduite.

Les applications sont maintenant intégrées à l’expérience de messagerie texte.

Par exemple, Facebook Messenger est l’une des plus grandes plates-formes de messagerie au monde avec plus de 800 millions d’utilisateurs actifs. Jusqu’à maintenant, elle n’était utilisée qu’à cette fin : l’échange de messages.

Mais maintenant, Facebook se concentre sur la transformation de Messenger en une véritable plate-forme de commerce électronique. Facebook prévoit d’intégrer d’autres applications dans Messenger pour rendre votre expérience d’achat transparente et basée sur le contexte de votre conversation.

Imaginez : Vous discutez avec une amie de vous rencontrer pour boire un verre. Vous choisissez un lieu et une heure, et devez maintenant déterminer le meilleur moyen de vous y rendre.

Messenger, avec l’aide de la nouvelle intégration d’Uber, reconnaît instantanément votre besoin d’un véhicule et vous suggère de commander un Uber.

Vous cliquez sur le lien, vérifiez l’itinéraire et cliquez simplement sur « Commander ».

Voilà!

Vous n’avez jamais eu à quitter Messenger, ouvrir l’app Uber, saisir l’adresse, commander votre Uber puis revenir sur Messenger.

Vous avez pu commander en à peine deux clics, le tout depuis Messenger.

La technologie contextuelle dans toute sa beauté. Et avec la montée de la nouvelle technologie, celle-ci n’en deviendra que plus proéminente.

Les nouvelles technologies menacent les applis

Les assistants personnels commandés par la voix comme Alexa d’Amazon, Home de Google et Siri d’Apple sont prêts à transformer nos maisons en leur intégrant la technologie domotique intelligente.

Avec ces appareils, nous n’aurions même plus besoin de tenir un périphérique en main pour commander la plupart de nos produits et services préférés. Simplement de notre voix.

Alexa, commande-moi un Uber pour aller au marché Jean-Talon.

OK Google, passe ma commande habituelle chez Domino’s.

Siri, quelle est la météo du jour?

Bien sûr, cela semble un peu difficile aujourd’hui, mais une fois que ces assistants amélioreront leurs performances d’apprentissage de notre comportement et de notre manière de parler, l’expérience sera transparente.

Les applications sont là, mais vous ne les voyez pas

Toutes ces nouvelles technologies et tous ces nouveaux supports continuent de reposer sur des applications pour vous offrir ce que vous souhaitez, mais le font en arrière-plan.

Il n’y a pas de raison pour que chaque société et chaque marque disposent de sa propre petite appli avec interface. Les utilisateurs n’en veulent tout simplement pas.

Si vous avez un produit ou service à vendre, concentrez-vous sur l’intégration aux plates-formes pertinentes. Donnez à votre public autant d’occasions que possible de réaliser leur achat, mais d’une manière qui ait du sens pour eux.

Simplifier l’expérience d’achat signifie faire disparaître l’application telle que nous la connaissons.

Et avec toutes les applis du genre « Regardez! Nous aussi! (Me too apps) » qui inondent le marché, on ne peut pas dire que ça nous manquera.

About the Author

Kevin Gervais

He started coding at age 7. His first board meeting was at age 14. He was using Facebook before it was cool (2005). You'll often find Kevin thinking about the future of retail, applied AI and how to create world-class buying experiences.

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